DEPUIS LA NUIT DES TEMPS…

Ma petite sœur Marguerite a eu ses règles ! Après une longue conversation avec elle pour la rassurer et lui donner toutes les astuces d’une grande sœur (voir article ) j’ai décidé de l’accompagner au supermarché pour lui acheter des protections hygiéniques adéquates pour les vacances, ma mère lui ayant filé une serviette hygiénique aussi épaisse que les couches de mamie, LOL !

En arrivant dans le rayon, Marguerite est éblouie par toutes ces marques, ces couleurs, ces formes … C’est vrai qu’en y regardant bien les femmes n’ont que l’embarras du choix ! Malheureusement ça n’a pas toujours été le cas et à d’autres époques il était vraiment difficile pour une femme d’avoir ses règles. Je m’engage alors sur un cours d’histoire pour ma petite Marguerite. (Mets toi à l’aise, l’histoire va démarrer…)

Tout commence au début des grandes civilisations, à l’Antiquité. A ce moment-là, rien n’était réellement adapté et les femmes devaient faire avec les moyens du bord pour se protéger un minimum. Les Egyptiennes se fabriquaient des tampons à base de papyrus ramollis et roulés, les Grecques utilisaient des petits bâtons en bois entourés de fibres, les Romaines prenaient de la laine de mouton et formaient également leurs propres tampons. En Asie, la technique la plus utilisée était d’enrouler des fibres végétales ou bien du papier. En Afrique, elles formaient plutôt des rouleaux de gazons. Tu imagines l’absence de confort et d’hygiène ?!

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Unsplash by Ahmed-Carter

Puis les religions se sont peu à peu installées dans les quatre coins du monde et prônaient une règle commune : les femmes ont l’interdiction d’avoir quelque chose dans le vagin. Adieu les tampons en papyrus ! A cet époque, la femme réglée apparaît comme une sorcière et elle fait peur aux hommes.

Cela est bien décrit dans l’ouvrage « Du sang et des femmes. Histoire médicale de menstruation à la Belle Epoque »*  :« Depuis l’Antiquité au moins, traditions et superstitions ont tenté de canaliser ce phénomène [les règles, ndlr]. Car la femme indisposée fait peur, et on lui attribue sinon des pouvoirs maléfiques, en tout cas une forte capacité de nuire. » Donc en plus d’avoir du sang qui coule tous les mois, les femmes sont considérées comme des parias et n’ont même pas le droit d’apporter un soin particulier pour gérer cette période … Les temps ont changé, hein 😉

Au Moyen-Age, les femmes suivent donc les ordres des religieux et ne se protègent plus. Elles portent de très longues jupes mais la culotte n’existe pas encore … Tu comprends donc où va le sang … Eh oui bingo ! Par terre ! Digne du Petit Poucet, la femme du Moyen-Age laisse des gouttes à chaque passage ! Facile pour les suivre 😉

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Unsplash by Karen-maes

Au bout de quelques décennies, quand elles en ont eu marre d’avoir un GPS intégré, elles se sont fabriqué des petits linges en coton qu’elles attachaient aux hanches comme des couches. Elles sont obligées de changer leurs linges blancs (ou pas ahah 😉 ) régulièrement et sont donc directement cataloguées : on sait qu’une femme a ses règles lorsqu’elle étend ses linges blancs. Ce qui permet aux hommes de savoir quand est-ce qu’ils peuvent s’en approcher et quand ils doivent rester éloignés pour ne pas subir les sorts maléfiques de ces affreuses sorcières … Il semblerait également que si les hommes ont le malheur de dormir avec une femme qui a ses règles, il risquerait d’être contaminé

… A cette époque, les règles sont définitivement synonyme d’impureté. Ça parait ridicule vue de notre époque, n’est-ce pas ?

Donc les femmes du Moyen-Age se sont fabriquées des couches, et peu de temps après, les sous-vêtements deviennent une grande mode ! Tu te dis, super, un peu d’hygiène pour ces femmes … Que nenni ! Les sous-vêtements étaient gardés plus de 4 jours d’affilés avant d’être changés … Tout le monde est donc sale et sent la vieille chaussette !  Une doctoresse allemande dépeint parfaitement cette époque :« C’est tout à fait dégoûtant de saigner dans sa chemise [sous-vêtements à l’époque, ndlr], puis de la porter de quatre à huit jours. Cela peut même causer des infections. “ On est d’accord!!!

Au XIXème siècle, c’est l’invention de la machine à filer le coton, c’est donc l’avènement des sous-vêtements. De plus, les nombreuses avancées en médecine font prendre conscience de l’importance de l’hygiène ! Les femmes prennent soin de leur corps, elles lavent tous les jours leurs sous-vêtements et surtout elles prennent le temps de se laver elle-même pour se purifier et éviter les infections par la même occasion ! (c’est mieux).

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#depositphotos

On commence également à sortir de ces histoires de sorcières. La médecine découvre le phénomène de l’ovulation et donc on parle enfin du rôle des règles ! Et non, ce n’est pas juste du sang qui coule pour éloigner les hommes, au contraire elles font partie intégrante du plus beau rôle de la femme : faire des enfants.

On continue notre avancée historique…Au XXème siècle c’est l’explosion des serviettes hygiéniques. En 1920, Kimberly Clark commercialise les premières véritables serviettes hygiéniques lavables. Ce n’est rien d’autre qu’une bande de tissu qu’on attache à la ceinture à l‘aide d’attaches tout comme on mettrait un porte-jarretelle… il fallait y penser! La médecine continue de progresser et on comprend enfin totalement les origines et le pourquoi des règles. Les femmes ne sont donc plus vues comme malades ou sorcières. C’est l’émancipation de la femme !

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En 1929, le médecin Cleveland Haas invente le premier tampon. L’idée lui vient d’une patiente qui lui avoue se mettre une éponge dans le vagin quand elle a ses règles. (Chaud!!) Il tient un truc mais certainement un peu gros. En effet, son tampon fabriqué en coton mesurait 5×15 cm ! Ce qui équivaut à la largeur d’un concombre et la longueur d’un stylo bic ! Bonjour le confort!

Prévoyant, il intègre un applicateur et une ficelle pour le retirer facilement. Ce tampon est commercialisé en 1936 sous le nom Tampax, qu’aujourd’hui tout le monde connaît !

A la fin du XXème siècle, les publicités envahissent nos rues et nos écrans de télévision. Et les protections hygiéniques n’y échappent pas ! C’est la recherche constante d’améliorations afin que les femmes soient de plus en plus à l’aise avec ses règles. C’est  notamment l’arrivée de la bande adhésive sur les serviettes Vania en 1973.

On y arrive… Enfin, au XXIème siècle, c’est la prise de conscience écologique générale. Aujourd’hui, on croule également sous les produits hygiéniques dans les supermarchés, les publicités à la télévision, de nouvelles marques, de nouvelles formes, pleins de couleurs, rien n’arrête les fabricants ! De plus, le problème du Syndrome du Choc Toxique fait tourner les têtes. Les femmes ont envie d’une protection écologique, économique, et pratique. Et c’est justement la Coupe menstruelle (voir article) qui résout ce problème ! La solution cup séduit de plus en plus de femmes car elle est biodégradable, réutilisable, pratique et écologique.

 

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Unsplash by Emma-Simpsons

 

 

Alors ma Marguerite, on choisit quoi?

 

* JY Le Naour et C. Valenti « Du sang et des femmes. Histoire médicale de la menstruation à la Belle Époque », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés Clio. 2001

 

 

 

 

 

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